Littérature de science-fiction


Histoire de la Science-Fiction


Les pionniers 1864-1937
L'âge d'or 1938-1957
L'expansion 1958-1981
Le renouveau 1981-2000
Le triomphe de la fantasy 2001-2013
Le déclin 2014-






Les pionniers 1864-1937


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Au commencement était Jules Verne.
Même si certains datent l'origine de la SF au prophète Ezéchiel, Verne fût réellement le fondateur de ce nouveau genre littéraire.
Avant lui bien sûr, d'autres auteurs jetèrent les premières bases de la SF. Ce fût le cas de Francis Bacon en 1627 avec sa "Nouvelle Atlantide" qui met l'accent sur le pouvoir de l'avance technologique pour justifier sa cité utopique. En 1817, Mary Shelley rédigea son fameux "Frankenstein" et 10 ans plus tard un véritable roman d'anticipation "The last man". Enfin, E.A.Poe annonça parfois la SF dans certaines de ses nouvelles.
Mais c'est véritablement Jules Verne qui créa le genre en 1864 avec "Voyage au centre de la Terre", l'anticipation scientifique était née. Suivirent l'éclosion du talent de l'écrivain anglais H.G.Wells avec la parution en 1895 de "La machine à explorer le temps".
Malgré le succés de ces deux écrivains, le genre ne se développe pas en Europe et c'est avec un américain, Hugo Gernsback, que la SF va vraiment se populariser. Il crée en effet le premier magazine de nouvelles de SF, appelé aussi pulp par allusion au mauvais papier pulpe sur lequel on l'imprimait.
Le succés fut immédiat. Et c'est dans son célèbre "Amazing stories" que Gernsback publie Verne, Wells, Poe, Merrit ou bien encore Lovecraft et Williamson, l'un des fondateurs du Space-Opéra. C'est également à Gernsback que l'on doit la première utilisation du mot "Science-Fiction".
A la marge de ce phénomène des pulps, Aldous Huxley sortit en 1932 "Le meilleur des mondes" et J.R.R.Tolkien "Bilbo le Hobbit" en 1937, un texte devenu culte dans le domaine de la Fantasy. Deux évènements qui allaient marquer l'entrée de la SF sans son âge d'or.




L'âge d'or 1938-1957


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En 1938, John W.Campbell prend la direction du magazine "Astounding Science-Fiction" avec deux idées directrices : un concept scientifique doit sous tendre chaque texte et les récits publiés doivent concourir à prédire le Futur. Et c'est dans cette optique que Campbell publie les oeuvres de jeunes auteurs qui allaient devenir les pilliers de la SF : Robert Heinlein, C.D.Simak, A.Van Vogt, Isaac Asimov (Astounding publie "Fondation" en 1942), ou Théodore Sturgeon. Mais l'autoritarisme réactionnaire de Campbell allait peu à peu éloigner la géneration suivante d'écrivains qui s'illustre dans deux magazines concurrents. "Galaxy" tout d'abord où l'on retrouve des auteurs comme Fritz Leiber, Alfred Bester, Fredric Brown ou Robert Sheckley, ces deux derniers étant parmi les premiers à allier SF et humour. Enfin "The magazine of Fantasy" fait connaitre Ray Bradbury, P.K.Dick, P.J.Farmer ou bien encore A.C.Clarke, l'inventeur du courant hard-science.
En angleterre, la revue "New Words" révèle des auteurs talentueux et originaux comme Brian Aldiss et John Brunner.
En France, l'anticipation scientifique reste un genre peu pratiqué à l'exception de quelques auteurs comme Philippe Curval ou Gérard Klein.
En librairie, l'année 1949 est marquée par la sortie de "1984" de George Orwell, terrible description d'un monde totalitaire futur.
De son côté Tolkien avait poursuivi sa saga des hobbits et sa trilogie "Le seigneurs des anneaux" sort en 1954.
En 1957, il paraissait près de quarante magazines de SF chaque mois aux Etats-Unis.




L'expansion 1958-1981


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Cette période est marquée par l'effrondement des magazines spécialisés et la maturité littéraire de la SF qui allait conduire bientôt à sa reconnaissance planétaire.
Si le nombre de magazines de SF passe de 40 à 7 en quelques années, les écrits de qualité foisonnent. C'est ainsi qu'à partir de 1963 et son "Maître du Haut-Château" que Philip K.Dick publie ses meilleures oeuvres qui font de lui aujour'hui un des auteurs majeurs du XXème siècle. C'est aussi en 1963 que Frank Herbert rédige "Dune" le roman le plus lu du genre. Deux ans auparavant, Robert Heinlein, à son apogée, publiait "En Terre étrangère", son roman le plus célèbre.
La SF se veut alors sérieuse, critique, avant gardiste et visionnaire. Et elle le réussit plutôt bien à l'image de John Brunner et son monumental "Tous à Zanzibar", Norman Spinrad avec son sarcastique "Jack Barron et l'éternité" ou alors J.G.Ballard. Sans oublier bien sûr A.C.Clarke qui immortalise la SF en écrivant le scénario de "2001 Odyssée de l'espace" réalisé par Kubrick.
Même la fantasy se montre philosophique en la personne de Michael Moorcock.
La SF se porte si bien qu'elle s'exporte alors dans les pays de l'Est à l'image de Stanislas Lem ou des frères Strogatsky.
En France, de nouveaux auteurs voient le jour, J.P.Andrevon, Michel Jeury ou Pierre Pelot. Mais l'audience ne suit pas et le soufflet retombe bien vite.
Il faudra le renouveau des années 80 pour véritablement lancer la SF en France.




Le renouveau 1982-2000


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La fin des années 70 aurait pu sonner le glas de la SF. Les grands auteurs des années 60 : Dick, Brabury, Asimov, Clarke, ... décèdent ou s'essouflent. La télévision (Star Trek) et le cinéma (Star Wars, Rencontres du 3ème type, Alien) envahissent l'imaginaire collectif au détriment de la littérature. Mais en 1984, William Gibson sort "Neuromancien" et lance un nouveau genre, le Cyberpunk. Il ne s'agit plus de magnifier la science ou de la dénoncer, il faut vivre avec ses succés et ses dérapages, au quotidien. Ce genre urbain et hyper-réaliste s'impose rapidement et influence bon nombre d'auteurs anglo-saxons mais également français comme Maurice G.Dantec.
Porté par ce vent nouveau, le space-opéra est dépoussièré par des écrivains de grand talent comme Dan Simmons et son formidable "Hypérion" ou Vernor Vinge qui lui redonnent un souffle épique trés moderne.
La hard-science n'est pas en reste avec l'apport de nouveaux auteurs comme Greg Bear ou Grégory Benford. Ceux-ci apportant une réelle qualité littéraire à ce genre un peu glacé.
On assiste également à la renaissance d'oeuvres humoristiques de qualité avec Connie Willis ou plus récemment Neil Gaiman.
Seule la fantasy poursuit inexorablement son chemin, en évoluant trés peu mais en connaissant un succés grandissant à l'image du film "Le seigneur des anneaux".
Enfin, en France, Pierre Bordage, J.C.Dunyach ou Serge Lehman connaissent le succés en reprenant de belle manière le flambeau de la SF tricolore.




Le triomphe de la fantasy 2000-2013


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Les années 90 avaient déjà été marquées par un engouement de plus en plus marqué pour les romans d'heroic-fantasy. Les années 2000 ont confirmé et même amplifié ce phénomène. Les rayons SF de toutes les librairies se sont progressivement remplies par de volumineux romans de fantasy, pas toujours d'ailleurs de bonnes factures. La cible est souvent la jeunesse adolescente, grand amateur de ce type de littérature. Certains auteurs tels David Eddings , Robin Hobb ou Philip Pullman ont su profiter de cette vague de fond pour devenir des "auteurs à succés" riches et célèbres. Parrallèlement, les écrans de cinéma ont vu fleurir des sagas trés populaires comme "Harry Potter", "Le monde de Narmia" ou "La croisée des mondes", toutes tirées de best-sellers fantastiques.

Cette vague de fond de la "nouvelle" fantasy a aspiré dans son sillage un tas d'auteurs nouveaux souvent grands adorateurs de HP Lovecraft qui en ont profité pour remettre la SF horrifique à l'honneur. On citera la gothique Poppy Z.Brite, le gore China Mieville, le provocateur Chuck Palahniuk ou le déjanté Jeff Vandermeer. Mais après la quasi-retraite du maître du genre, Stephen King, le vrai flambeau a été repris par son fils spirituel : Dan Simmons auteurs de plusieurs romans cultes comme "L'échiquier du mal" ou "Terreur". Durant cette dernière décennie, la SF s'est donc trés largement "teintée" de fantastique mais en collant toujours avec les humeurs de notre temps. Le fantastique d'aujourd'hui se veut moderne et bien souvent décalé. Lovecraft est certes revenu, mais il a été sérieusement dépoussiéré.




Le déclin 2014-


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Certains l'avaient déjà pressenti dés le début des années 2000, la littérature de science-fiction avait alors commencé un long et lent déclin. Le "boom" de la fantasy avait masqué un temps le phénomène. Mais voilà, la fantasy s'est essouflée également, minée par ses redondances et la qualité bien souvent faible de ses écrits. On ne recycle pas Tolkien à l'infini, les lecteurs se sont petit à petit lassés du genre et sont passés à d'autres lectures plus "tendances" comme le polar nordique par exemple. Et comme les autres "moteurs" classiques tournaient déjà au ralenti, le rayon SF des librairies s'est soudain considérablement réduit.

A qui la faute ? Difficile à dire avec certitude sans avoir le recul nécessaire de l'Histoire. Mais nous vivons probablement une période de transition marquée par la mort ou l'épuisement créatif d'une génération d'auteurs talentueux comme Greg Bear, Iain Banks ou Dan Simmons et l'éclosion trop lente d'une nouvelle génération d'écrivains avec des idées neuves. Bien sûr, il y a des exceptions notables comme la pépite Paolo Bacigalupi et son style néo cyber-punk trés riche, Hugh Howley et son phénoménal best-seller "Silo" ou le trés cinématographique Andreas Eschbach, le digne héritier de Michael Crichton. Mais dans l'ensemble, les talents manquent terriblement.

Sans doute le genre est-il aussi moins adapté à l'époque. Il est plus difficile de surprendre à l'heure d'Internet et des candidats à la colonisation de Mars que dans les années 1970.

Enfin, dans un monde violent où nos valeurs occidentales sont chahutées, notre société n'a jamais été aussi anxieuse, et la science-fiction rassure peu. Elle fait peur même tant ses sombres prédictions se revèlent chaque jour de plus en plus "possibles".

Alors soyons patients, la littérature de science-fiction a déjà connu de tels trous d'air et s'est toujours relevé grâce à son inventivité et son territoire d'imaginaire sans limite. Nous entendons beaucoup parler de transhumanisme en ce moment et même si les références aux biotechnologies, à l'intelligence artificielle et au rêve d'immortalité de l'humanité foisonnent depuis bien longtemps dans la SF, il serait étonnant que ce thème trés médiatisé ne devienne pas central dans la littérature des prochaines décennies.